Vannes Logement

 Le dossier hebdomadaire du Télégramme et du Mensuel du Morbihan consacré au logement a, entre autres intérêts, permis de dresser un état des lieux précis de la situation vannetaise à quelques mois des élections municipales. Et c’est peu dire que le bilan du Maire sortant et de son équipe n’est pas à la hauteur de leurs promesses de 2014 ni des défis que notre ville doit relever ! 

À de nombreuses reprises depuis le début du mandat, nous avons eu l’occasion de le dire et le redire malgré les dénégations du Maire : la politique de l’actuelle majorité, qui laisse les clés aux promoteurs, conduit au départ des jeunes ménages et des familles modestes. En conséquence, la ville vieillit, la ville se fracture. Le diagnostic du Plan Local d’Urbanisme adopté par la majorité municipale en 2017 était déjà sans appel : au sein d’une population en stagnation, les trois tranches 0-14, 15-29 et 30-44 ans étaient en baisse notable entre 2006 et 2011 alors que les trois tranches plus âgées 45-75 étaient en nette progression avec même +15,4% pour les 60-74 ans. Et ces tendances se sont amplifiées en 2011 et 2016, les cinq premières années de Maire de David Robo. L’indice de jeunesse n’était opportunément plus calculé et la baisse de 13% des effectifs des écoles maternelles et élémentaires sur la période 2003-2013 constituait un autre signal alarmant. 

Face à ces évolutions inquiétantes, corrélées à l’augmentation des prix de l’immobilier qui s’est encore accélérée avec l’arrivée de la LGV, aucune réaction du Maire et de son équipe, malgré nos demandes répétées de mobiliser les outils disponibles pour rééquilibrer la ville. Comment comprendre que les clauses anti-spéculatives aient été mobilisées pour la première fois en octobre 2019, cinq ans et demi après le début du mandat (et opportunément à la veille des municipales) ? Comment comprendre que l’établissement public foncier régional ne soit sollicité que pour des opérations de régulation immobilière sur les rives du port alors que tant d’opérations en coeur de ville étaient nécessaires (exemple de l’ancien bâtiment de la CPAM) ? Comment comprendre que si peu d’opérations en faveur des primo-accédants aient vu le jour alors que David Robo avait promis aux Vannetais de « permettre au plus grand nombre de devenir propriétaire » ? 

Contrairement à ce que beaucoup imaginent à tort, Vannes est une ville où la précarité frappe de plus en plus. 20% de nos concitoyens sont sous le seuil de pauvreté, Kercado est le quartier le plus pauvre de Bretagne. Et pourtant, le Maire et son équipe ont affaibli la politique sociale du logement. Lors du conseil municipal du 30 juin 2017, nous avons ainsi été les seuls élus à voter contre la délibération qui exonère les opérations de moins de 20 logements du quota de logements sociaux et qui autorise la possibilité de construire les logements sociaux sur un autre site de la ville. Dans un contexte de renouvellement urbain, beaucoup d’opérations sont inférieures à 20 lots et ce seuil a en outre créé un effet d’aubaine pour les promoteurs : on ne compte plus les projets immobiliers de 18 ou 19 logements à des tarifs prohibitifs même pour les classes moyennes. Le taux de logements sociaux diminue donc mécaniquement. Et comment accepter que David Robo, qui a présidé VGH de 2014 à 2017, n’ait pas engagé « la rénovation des logements squares du Morbihan, de la Bourdonnaye et de Kercado » comme il l’avait pourtant promis en 2014 ? 

Tous ces défis seront au coeur de la campagne municipale. Pour les relever, la première condition est la volonté politique. Sur ces sujets d’intérêt général et de long terme, la ville ne saurait se résoudre à un rôle de marchand de foncier. Elle doit porter une ambition, celle de l’équilibre social et générationnel, se donner les moyens financiers et opérationnels de l’atteindre (réduction du seuil pour l’application du quota de logements sociaux et interdiction de l’externalisation, baisse des prix de cession, ZAC, clauses anti-spéculatives, mobilisation de l’établissement public foncier régional, effort sur les grands logements pour les familles, plan de lutte contre l’habitat insalubre…) et évaluer régulièrement sa mise en oeuvre en lien avec l’agglomération. 

Simon Uzenat 

Candidat DVG aux élections municipales 

« Ensemble, libérons les énergies vannetaises » 

www.uzenat2020.bzh